Des milliers de fans au travers le monde connaissent HITMAN, dit « 47 ». Ils passent des heures sur leurs consoles à accompagner ce personnage singulier dans une déambulation extrêmement complexe et codifiée. Lorsque nous avons commencé à réfléchir à l'adaptation d'HITMAN, avec Xavier Gens, de nombreux problèmes se sont posés à nous. Mais une chose nous préoccupait plus que tout : comment arriverions-nous à transposer cet univers au graphisme si connoté dans la réalité ? Le scénario entraîne le spectateur dans l'Europe de l'Est ( le film navigue entre Belgrade, Saint-Petersburg, Istanbul), la production s'est installée à Sofia en Bulgarie. Nous nous sommes attachés , lors de nos repérages à choisir des décors les plus spectaculaires possibles , presque symboliques . La gare de Sofia, immense hall en béton et en verre, une salle de torture, anciens bains turcs à l'abandon en sont les meilleurs exemples . Nous avons également, grâce l'équipe de Jacques Bufnoir et Johan George, créateur des décors et chef-déco, détourné plusieurs lieux , afin de les rendre adéquats au tournage.
Mais surtout, nous devions faire évoluer 47 au milieu de tout cela . Tous les amateurs du jeu connaissent l'allure du chauve, tueur à gages sans scrupule en costume noir et cravate rouge. Notre difficulté est de rendre humain le personnage sans trahir sa légende. Nous avons décidé, après les premiers essais filmés, de donner priorité à sa silhouette. Afin de bien la rendre lisible, nous avons opté pour un éclairage zénithal qui dessine les contours de notre héros et surtout son célèbre crâne. Afin de le rendre plus dur, plus méchant en quelques sortes, nous n'avons pas hésité à plonger son visage dans l'obscurité simplement rehaussé par un réflecteur afin de lui redonner un éclat dans les yeux. Ainsi, il devient difficile au spectateur de deviner les intentions de 47, et donc, le rendra, imprévisible. Xavier s'est appuyé sur ce dispositif pour diriger Timothy Oliphant , notamment lors des nombreuses scènes d'action. Nous devions également trouver un équivalent visuel à l'extraordinaire sens de l'organisation de 47 ainsi qu'à sa détermination. Cet homme prévoit tout. Pour l'accompagner dans le déroulement de ses missions, Xavier a choisi le steadicam. Ce système de caméra nous permet de coller au pas de notre héros et donne aussi, le sentiment que rien ne l'arrêtera dans ses missions. Nous pouvons le précéder ou le suivre dans les lieux les plus étroits ( escaliers, couloirs, ascenseur) tout en demeurant mobile. Comme l'utilisateur du jeu, le spectateur doit avoir le sentiment de prendre les mêmes risques que 47. Cette caméra fluide, toujours en mouvement, l'y aidera.
Il est difficile d'être systématique au cinéma sous peine d'ennuyer le spectateur. Les deux options techniques que je viens de décrire, permettent à Xavier Gens de lier l'univers du jeu à celui du film. Mais elles ne font pas toute sa mise en scène . Un réalisateur se doit d'avoir beaucoup d'imagination pour tenir en haleine ses spectateurs. Je vous propose , au fil de ces chroniques, de découvrir, au travers du travail de l'image, ses interrogations et ses certitudes.





Hulk Hogan
sam 30 jun 2007 18:51